L'Exemple de Jurassic Park

Les trois façons de publier un livre

Dans cette vidéo, nous discutons des différentes options de publication d'un livre, ainsi que des pièges à éviter absolument.
Vous pouvez retrouver le cycle complet sous forme de cursus pédagogique en suivant ce lien :

https://accompagnement-litteraire-noirdabsinthe.com/p-Mini_Cycle_Edition

Transcription de la Vidéo

L'édition traditionnelle

Il y a trois grandes manières de publier un livre en France aujourd'hui.
 
Tout d'abord, il y à ce que l'on appelle l'édition traditionnelle ou l'édition à compte d'éditeur. C'est ce que fait noir d'absinthe et la plupart des maisons d'édition sérieuses.

Je reviendrai plus en détails sur comment ça fonctionne dans des prochaines vidéos, mais globalement, avec une maison d'édition à compte d'éditeur c'est vous, auteur, qui soumettez un manuscrit pour étude. S'il y a un contrat à la clé, vous cédez les droits d'utiliser votre texte, de l'imprimer, de le distribuer et de le vendre.

L'éditeur vous rémunère pour l'utilisation de votre manuscrit, un peu comme une licence. C'est le fondamental du droit d'auteur. Je reviendrai un peu plus sur détail dessus.

Un contrat d'édition à compte d'éditeur est donc le contrat d'édition classique que la plupart des jeunes auteurs recherchent. Vous cédez vos droits dits patrimoniaux à l’éditeur qui peut utiliser votre œuvre pour la distribuer et la vendre.

Puisque vous cédez vos droits, c'est l'éditeur qui vous rémunère. Vous n'avez jamais à payer un éditeur à compte d'éditeur. Vous avez cédé une licence, pourquoi est-ce que vous payerez ? L'éditeur fait l'intermédiaire entre vous et le lecteur, et transforme le manuscrit en livre.

Il s'occupe de toutes les étapes du manuscrit jusqu'à la publication et la vente.

L'édition à compte d'auteur

Il y à un autre type d'édition qui s'appelle l'édition à compte d'auteur.

C'est quelque chose qui existe depuis très longtemps. Certains grands auteurs du 19e faisaient appel à des éditeurs à compte d'auteur. Contrairement à une maison d'édition à compte d’éditeur où vous n'avez rien à payer, ici c'est vous qui assumez les charges de l'éditeur : les corrections, la maquette, l’illustration, et l’impression seront à votre charge.

Pour résumé, vous avancez les frais pour, par exemple, 500 exemplaires, et il vous livre ces 500 exemplaires. Une fois que les livres sont chez vous, son travail est fini.

Ça peut fonctionner dans certains cas précis, mais beaucoup de comptes d'auteur se font plus ou moins passer pour des comptes d'éditeurs. Il y aura aussi une soumission de manuscrits, soi-disant des sélections et, au bout d'une ou deux semaines, vous recevrez une réponse vous disant que votre texte est génial, que c'est celui qu'il leur fallait et il leur faut absolument. Ils vous proposeront de tirer 200 exemplaires parce que ça marchera très bien – c’est sûr ! – et ça ne vous coûtera que 2500 euros. Ils vous brosseront dans le sens du poil. Ils vous diront que votre livre est la perle rare, que vous allez avoir du succès… Tout ça pour que vous signiez et que vous leur donniez de l'argent.

Ils ne vont pas faire de travail éditorial la plupart du temps, c'est à dire que le texte est lu mais il ne sera pas retravaillé par l'éditeur pour en sortir le meilleur ni l’améliorer.

Ils vont le publier pratiquement tel quel, peut être juste avec les corrections orthographiques. Le format est plutôt basique en général et ils vous livreront vos 200 exemplaires et à vous de vous débrouiller.

Des fois, ils vous diront qu’ils sont distribués, à la fnac ou sur amazon. Ça veut juste dire qu'ils ont un contrat de distribution, mais pas qu'ils vont faire des efforts commerciaux pour vendre. En gros, vous aurez tout le travail à faire mais ça vous aura coûté très cher. C'est un piège typique dans lequel tombent les jeunes auteurs.

Comment les repérer ?

Dès que vous allez sur Google ou sur un moteur de recherche et que vous tapez « maison d'édition » ou « proposer mon manuscrit », vous tomberez directement sur ces sites. Ils font en effet de la publicité payante avec Google, ou même des fois sur Facebook parce que contrairement à un éditeur à compte d'éditeur, qui reçoit beaucoup de manuscrits et n’a pas le temps de tous les traiter, le compte d'auteur a besoin d’un maximum de manuscrits. Son but n'est pas de trouver des lecteurs à qui vendre des livres de qualité, son but est de trouver des auteurs qui vont lui donner de l'argent pour publier.
Donc ces entreprises ont intérêt à recevoir beaucoup de manuscrits.

Pour les identifier, c’est facile. Déjà, quand une maison d'édition fait une publicité à destination des auteurs, il y a anguille sous roche. Ensuite, en allant sur un site d'une maison d'édition à compte d'auteur, vous verrez souvent en rouge un gros un onglet destiné aux auteurs pour qu’ils proposent leur manuscrit. C'est un moyen assez simple de différencier une maison d'édition à compte d'éditeur d'une maison d'édition à compte d'auteur.

La maison d'édition à compte d'éditeur ne va pas faire beaucoup de pub pour récupérer des manuscrits, à moins que la maison vienne de lancer une nouvelle collection ou un concours. Mais la plupart du temps, l'auteur devra aller chercher sur le site comment soumettre un manuscrit, ce n’est pas toujours évident et rarement la priorité de l’éditeur.

Si vous recevez dans les deux semaines une réponse positive d'un éditeur, posez-vous des questions. Comment l'éditeur a-t-il fait pour lire en deux semaines un roman complet, après l’avoir fait lire à son comité de lecture ? Le manuscrit n’a probablement pas été lu, ou en vitesse.

On vous dira juste qu’il est excellent, on flattera votre égo et on vous vendra du rêve. La plupart du temps, ce seront des retours impersonnels, très généraux. Quand on vous fait, des promesses, qu’on vous dit que ça va être un succès incroyable, méfiez-vous. Aucun éditeur ne dit jamais cela, surtout pour un premier roman et un auteur qu'il rencontre.

Posez-vous toujours la question : le client est-il le lecteur, ou est-ce vous ?

Enfin, sachez que ces maisons ont mauvaise réputation et quand vous annoncez fièrement que vous avez été publié par un tel ou un tel, eh bien ceux qui connaissent le métier savent tout de suite que c’est un faux éditeur. Ils ne vous prennent ainsi plus au sérieux et personne ne connaissant ces maisons n’achètera votre livre.

Même si votre livre aurait mérité une publication, c’est comme si vous l’aviez sacrifié et il sera très dur d’améliorer sa réputation par la suite.

L'Autoédition

Une troisième façon de publier s’appelle l'autoédition, ou l'autopublication. Ça a vraiment été démocratisé par Amazon, qui propose à des auteurs indépendants de publier leurs livres directement sur la plateforme. Donc en fait, c'est vous qui préparez votre fichier final, corrigé, avec votre maquette (et donc mise en page). C’est aussi  vous qui proposez votre illustration (et il y a des façons de faire des couvertures rapidement sur ces sites là,  mais en général c'est moche), et vous qui faites toutes les démarches pour avoir un fichier propre à publier.

C'est vous qui faites le travail de l'éditeur (d’où le concept d’Auto-édition).

Amazon imprime ensuite à la demande. Ils peuvent imprimer à partir de 1 exemplaire de votre livre et le mettre en vente. Je dis Amazon parce que ce sont eux qui ont vraiment lancé ce principe, mais aujourd'hui il y a de plus en plus de sociétés d'auto édition – enfin d’aide à la publication – qui vous permettent de publier des petites quantités et, surtout, de les vendre en librairie ou au moins en librairie en ligne (Amazon, Fnac, Cultura…).

En auto édition, c'est ainsi vous qui devrez tout gérer d’a à z. Vous avez toute la charge à faire mais vous gardez tout le contrôle sur la publication. Bien sûr, le mieux en auto édition est de proposer le travail le plus propre et le plus abouti possible. Si vous n'avez pas d'éditeur pour retravailler votre texte ou pour faire l'illustration, vous devez le faire vous-même ou passer par des sous-traitants, souvent des freelances qui vous factureront à la tâche mais à un prix juste, contrairement au compte d'auteur qui non seulement fera appel à un graphiste qui risque d'être exploité, mais qui en plus vous facturera très cher.
Ici, vous travailler directement avec des artistes ou des graphistes que vous appréciez, ou des correcteurs (parce que ça vaut aussi pour les corrections). Vous négociez directement les tarifs avec eux pour que ce soit le plus équitable possible.

Hélas, c'est un mode de publication qui est moins bien vu en général. Il y a un peu cette notion que l'auto publication est une édition au rabais, que les textes sont de mauvaise qualité. Pourquoi ? Parce qu'on peut publier n'importe quoi, sans aucun travail. Amazon, dans ce cadre-là, est juste un imprimeur. Si vous avez mal fait votre travail, tant pis, le livre est quand même vendu. Ce qui fait que les gens sont plus méfiants, surtout dans la profession. Ce sera plus difficile d'avoir accès à des salons, ce sera plus difficile d'être représentés et d'avoir une reconnaissance dans le métier.

Par contre, la plupart des lecteurs n’a rien à faire de votre statut et ça ne vous pénalisera pas auprès du lectorat, ce qui est le plus important.

Conclusion

Au milieu, il y a des maisons d'édition ou des prestataires de service à cheval entre plusieurs modes, qui par exemple vous proposeront de faire une impression à la demande (comme de l'autoédition) mais qui vous proposeront aussi de travailler avec leurs graphistes et leurs prestataires. Cela revient en général beaucoup plus cher que si vous le faisiez vous-même à côté. Là, ce sont des prestataires de services qui des fois se prétendent comme éditeurs alors qu'ils ne le sont pas, parce qu’ils ne prennent pas en charge tous les frais et tout le process de l'édition. Il faut être prudent.

On a aussi quelques-uns qui sont des fois entre le compte d'auteur le compte d'éditeur. Par exemple il va y avoir la souscription : vous vous engagez à acheter 100 exemplaires, mais c'est tout. Dans ce cas, ce n'est plus tout à fait le compte d'auteur parce que vous n'avez plus une facture à 2500 euros : vous achetez juste quelques des exemplaires. Mais ça vous engage tout de même et l'éditeur prend moins de risque. Le risque est sur vous, ce qui veut dire si l'éditeur fait mal son travail, c'est tant pis pour vous parce que lui est déjà remboursé par votre investissement initial.

Ainsi, faites bien attention à toutes les entreprises qui vous réclament de l’argent, surtout si ce n’est pas indiqué clairement dès le début. En général, cela signifie juste que c’est vous le client, non le lecteur.
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