L'Urgence d'écrire

L'écrivain, un être solitaire ?

Le complexe de l'Imposteur

On a trop tendance à croire qu’il faut réaliser les meilleurs textes pour que ceux-ci aient de la valeur, et c’est normal : toute notre vie nous nous comparons aux auteurs qui ont réussi, ceux qui ont été publiés et qui ont eu du succès.

Et se comparer aux autres est un piège dont on sort difficilement. Je le connais que trop bien, ce piège, comme tout écrivain, tout artiste.
Le doute fait partie de notre vie et très souvent, se traduit par ce que l’on appelle le complexe de l’imposteur. C’est la croyance, infondée, que nous ne sommes pas de vrais artistes parce que nous n’avons encore rien écrit.

Cette croyance ne s’estompe pas à la fin du premier jet, hélas. Elle est tenace. Une fois qu’on a écrit un roman, on se dit qu’on sera un vrai écrivain quand une personne aura aimé le texte. Et puis quand c’est un ami qui lit le texte, on se figure que ça ne compte pas : finalement, on sera un vrai écrivain quand un tiers aura aimé le texte.

Un seul tiers ? Mais non, ça ne suffit pas non plus. Il en faut au moins trois. Et puis il faut être publié. Et plaire à la critique. Et gagner des prix. Et trouver beaucoup de lecteurs… Et récidiver…

Dans tous les cas, le complexe de l’imposteur est sacrément tenace et continue de nous hanter, même après le premier livre, même après le troisième…

Tous les grands artistes doutent. La différence, c’est que le doute ne les retient pas de s’exprimer et de créer. Pourquoi ne serions-nous pas légitimes pour créer ? Tout le monde, y compris les plus grands, a commencé quelque part et ce qu’ils font de bien n’invalide pas ce que les autres créent. Shakespeare aurait-il pu créer des œuvres aussi géniales s’il avait été le seul à faire du théâtre ? Certes, c’est lui dont on se souvient aujourd’hui, mais il n’est pas devenu dramaturge seul dans son coin. Son Art s’inscrit dans quelque chose de plus grand et nous tous, artistes, quelque soit la qualité de nos premiers textes, nous inscrivons dans ce grand tout.

Nous n’entrerons pas tous dans l’histoire de la littérature. Nous ne serons pas tous publiés. Mais nous avons tous quelque chose à dire et sommes tous légitime.

C’est ça, l’Art.

Vos réactions (1)

Bonjour,
Nous sommes légitimes, mais pas tous sur la même marche.
Le doute vibrera jusqu'à lors où notre cœur s'arrêtera.
Le doute nous fait grandir, comme il nous rapetisse.
Il est aussi légitime de se dire qu'on ne vaut pas grand chose, alors que nos textes sont systématiquement refusés. Qu'ils soient bons ou mauvais. Les réécrire n'est pas un problème. Toutefois, il se trouve qu'il y a toujours meilleur...
D'ailleurs le doute, peut créer bien des malaises dans un cœur trop souvent fragilisé.
Être légitime d'accord, mais encore ?
Qu'est-ce que nous apporte cette légitimité au final ? Doit-on ce dire, "oui, tu es un artiste ! Crois en toi et on croira en ce que tu écris!".
Je n'y crois pas. Je n'y arrive pas. Pour moi, ça reste une phrase toute faite qu'on lance pour panser la blessure d'un auteur qui ne prend des vestes.
Bonne journée.

par NocMyst , il y a 10 mois

Le doute est normal, bienvenu. Lorsqu'il disparaît, on cesse de se renouveler, d'apprendre et on se repose sur ses acquis...

Mais il ne doit pas empêcher d'avancer.

Il y aura toujours des auteurs formidables, des génies qui écrivent mieux que nous et vous savez quoi ? Eux-aussi doutent, eux-aussi se remettent en cause.

L'Art permet de s'exprimer, de toucher ce qui est important pour nous. Se comparer aux autres, c'est comparer nos intériorités, c'est triste et dommage.

Oui certains textes sont excellents. Oui, certains textes ne serons jamais publiés.

Et alors ? Ce qui compte c'est ce que l'on en retire, ce que l'on apporte et je peux vous assurer que certains de ces écrits, objectivement mauvais, touchent tout de même certaines personnes. Il n'y a qu'à aller voir sur Wattpad, où il y a un florilège de récits mal écrits, en SMS, pas maîtrisés... Et pourtant, il y a des lecteurs qui ont apprécié, qui ne se sont pas arrêtés à la forme. Qui y ont pris du plaisir.

Est-ce que ça ferait un bon livre ? Non, bien sûr.
Mais est-ce que ça valait la peine d'être écrit ? Oui.
Et est-ce que ces auteurs sont des écrivains ? Oui.

Il faut démystifier le mythe de l'écrivain génial. Comme on peut faire de la guitare, avec les mêmes accords un peu ratés pour ses copains au coin du feu, on peut écrire des textes qui ne seront pas d'immenses succès, mais qui ont leur place dans les archives de l'humanité.

par Morgane STANKIEWIEZ , il y a 10 mois

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