L'Illusion du Best-Seller

Les trois façons de publier un livre

L'Exemple de Jurassic Park

Récemment j’ai revu le film Jurassic Park, tiré de l’excellent roman éponyme de Michael Crichton, un excellent auteur qui se documentait de manière extensive sur tous les sujets qu’il aborde.
Ce n’est pas du livre dont je vous parle, mais bien du film car j’ai remarqué un très joli exemple, voyant mais efficace, aussi bien de préparation que d’Ironie Dramatique. Le tout avec une scène simple, qui n’a qu’un intérêt limité en tant que telle, mais qui éclaire tellement la suite du film.


Au tout début de l’histoire, le paléontologue, Grant, nous parle d’un fossile de Velociraptor, créature qu’il admire. Et là, un enfant sort « on dirait une grosse dinde. » Grant, un peu vexé, s’approche de l’enfant et lui fait une démonstration de la méthode de chasse dudit dinosaure.




Il explique plusieurs choses, dont voici un résumé :

- Contrairement au T-Rex, il ne sert à rien de rester immobile, car le Raptor vous voit très bien.


- Ensuite, ce n’est pas le Raptor que l’on voit en face de soi qui va attaquer, mais les deux sur le côté qui étaient restés invisibles.


Cette scène prépare ainsi plusieurs situations à la fois, l’air de rien.
 
- Tout d’abord, on remarque que Grant n’est pas à l’aise avec les enfants, qu’il n’apprécie pas outre mesure. Ainsi, quand une fois dans le parc des enfants commencent à s’intéresser à lui, on sait pertinemment qu’il va se les coltiner et que c’est un axe de développement du personnage. S’il avait été bienveillant avec le premier marmot au lieu de lui faire peur, on aurait pas du tout eu le même ressenti.

Cela participe au côté « gentil » de l’histoire et sert à développer le personnage. Les enfants auront aussi une fonction de stress (et ne sont là que pour ça, car on craint beaucoup plus la souffrance d’enfants que d’adultes, les premiers étant plus vulnérables que les secondes).


- Ensuite, lorsque les protagonistes se retrouvent face au T-Rex, on sait déjà que l’animal ne perçoit que le mouvement et quand Grant le dit à nouveau, on n’est pas surpris. S’il l’avait dit pour la première fois face au danger, ça aurait pu passer pour facile, on se serait demandé « d’où il sait ça ? » alors que là, on en a conscience depuis le début. Cette aide pour ne pas mourir tout de suite face à la bestiole n’est ainsi plus une sorte de Deus ex Machina.


- Plus tard, on a une scène où le chasseur du parc se retrouve avec un fusil à pompe face à un raptor… Et lui ignore que le raptor chasse en meute, au contraire du spectateur qui l’a entendu au tout début. Ainsi le spectateur attentif sait que le chasseur est déjà mort parce qu’il ne s’y prend pas de la bonne façon, et il a juste envie de crier au personnage de se tourner, de se souvenir qu’il y en a d’autres. C’est un cas typique d’ironie dramatique.
 
Tout cela avec une petite scène au début du film, en pleine situation initiale pour Grant, et qui sera utile au moins trois fois. C’est un peu voyant comme façon de faire, mais on ne peut pas nier que ça fonctionne très bien. Le film regorge d’autres idées dans ce genre, ce qui participe à en faire un blockbuster des plus efficaces.
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